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"MESSAGE A MES SAUVETEURS BÉNÉVOLES DU 30 MAI 2009"

Même si la charte des surfeurs leur recommade de porter secours à des nageurs en détresse, passer à l'acte demande du courage "et le rescapé que je suis souhaite leur donner ce coup de chapeau".

En fin d'après-midi de cette journée passée sous un temps radieux, l'océan paraissait calme à la plage de Bidart, la baignade tentante pour un touriste venu passer quelques jours dans le Pays-basque. Obligé de nager pour ne pas me refroidir dans cette eau plutôt fraîche, mais je suis très vite essoufflé à cause d'un cœur âgé fatigué et assisté et je veux reprendre pied. Mais stupeur car déporté par le courant (ce que je suppose) j'avais perdu pied. En une seconde tout bascule, l'inquiétude m'envahit, j'essaie de nager pour rejoindre le rivage, de toutes mes faibles forces mais n'y arrive pas, au contraire, j'ai l'impression de m'en éloigner. Je m'épuise, fait des signes de détresse vers le plage.

Mon amie qui ne m'a pas quitté des yeux comprend alors qu'il se passe quelque chose d'anormal. J'ai maintenant beaucoup de mal à nager, complètement épuisé, boit plusieurs tasses; l'angoisse est là et je commence à penser que je vais y rester.

Et puis je vous aperçois, mon premier sauveteur bénévole, à quelques mètres, avec votre planche, vous me criez:"tenez bon, j'arrive"; votre visage restera gravé dans ma mémoire. Votre planche est vraiment ma planche de salut, je m'y accroche et vous ne pouvez deviner le soulagement que j'ai ressenti à ce moment là; un second sauveteur bénévole vous a suivi et nous rejoint. Vous faites signe, après avoir commencé à me ramener, à un couple de surfeurs qui viennent nous rejoindre et tous ensemble vous parvenez après beaucoup d'efforts, à me ramener au rivage. Je me remets petit à petit, vous restez près de moi, attentifs. Je suis groggy, hébété, épuisé, plus dans la réalité, et nous nous séparons quelques instants après sans que j'aie la présence d'esprit de vous remercier aussi chaleureusement que je le pensais.

Nous sommes revenus le lendemain, à la même heure, au même endroit, remis de mes émotions de la veille, avec l'espoir de vous retrouver et vous dire combien je vous suis reconnaissant. En vain…

Pour votre courage et votre abnégation en allant porter secours à un inconnu, pour votre gentillesse et votre discrétion quand je récupérais près de vous, pour m'avoir j'en suis certain maintenant sauvé la vie, mon amie et moi de tout cœur nous vous disons merci.

François GETTLIFFE

 


 

 
 

 

 

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